MaîtreInvestirInvestissements & Gains · masterinvest.info

Un développeur de Bitcoin présente trois ripostes visant à rendre le vol par ordinateur quantique coûteux

Hier, 18:12
Un développeur de Bitcoin présente trois ripostes visant à rendre le vol par ordinateur quantique coûteux

Points clés

  • Cory Fields a proposé trois expériences de pensée pour que les tentatives de vol de bitcoins vulnérables à l’informatique quantique nécessitent un engagement financier.
  • Ces concepts reposent sur des garanties financières, du staking préalable ou des enchères, mais aucun n’est une proposition finalisée.
  • Les ratios de garantie, les règles d’enchères, les offres perdantes et la répartition des fonds récupérés restent à définir.

Trois concepts visant à renchérir le vol par ordinateur quantique

Cory Fields, développeur de logiciels Bitcoin au Digital Currency Initiative du MIT, a présenté trois pistes pour dissuader de futurs vols de bitcoins rendus possibles par l’informatique quantique. Partagés sur la liste de diffusion des développeurs Bitcoin, ces concepts visent à obliger un attaquant à risquer ses propres BTC lorsqu’il cible des pièces qui restent vulnérables aux attaques quantiques. Ils reposent sur des garanties financières, des verrous temporels ou des enchères, plutôt que de simplement supposer que les détenteurs peuvent protéger leurs fonds vulnérables.

Fields a présenté ces mécanismes comme des expériences de pensée, et non comme des modifications définitives de Bitcoin. Il a indiqué qu’une mise en œuvre au moyen d’un soft fork pourrait être possible, mais cela ne signifie pas qu’une proposition sera adoptée ni ne précise comment elle fonctionnerait en pratique. Le principe central consiste à imposer un coût financier à l’attaquant qui tente un vol, ce qui pourrait donner aux détenteurs légitimes un moyen de récupérer de la valeur si quelqu’un tente de dépenser leurs pièces vulnérables.

Ces idées distinguent les détenteurs capables de préparer à l’avance une preuve cryptographique, les propriétaires de fonds vulnérables dont les clés pourraient être perdues, et les anciennes transactions Bitcoin qui pourraient faire l’objet d’une enchère. Cette distinction est importante, car ces concepts ne proposent pas une défense uniforme pour toutes les pièces. Chacun répartit différemment les risques et les possibilités de récupération, tout en laissant de nombreux détails à régler avant de pouvoir évaluer une éventuelle mise en œuvre.

Les mines quantiques mettraient des garanties en jeu

La première idée, appelée « Quantum Landmines » (mines quantiques), intervient avant que des ordinateurs quantiques puissent casser la cryptographie actuelle. Un détenteur de bitcoins associerait secrètement une preuve cryptographique à une petite sortie résistante au quantique. Cette preuve vise à établir qu’il connaissait déjà la clé privée associée à une sortie vulnérable, afin que le propriétaire légitime puisse faire valoir ses droits ultérieurement si un attaquant tente de s’emparer de ces pièces.

Si quelqu’un vole ensuite une sortie vulnérable, les règles de dépense post-quantiques proposées exigeraient que les pièces soient déplacées en même temps qu’un montant équivalent de BTC résistants au quantique appartenant à l’attaquant, déposés en garantie. La sortie ainsi créée serait verrouillée pendant une période définie, par exemple 30 jours. Ce délai donnerait à toute personne disposant de la preuve préengagée le temps de faire valoir ses droits.

Le verrouillage ne permettrait pas, à lui seul, de déterminer à qui appartiennent les pièces contestées. Selon ce concept, le propriétaire légitime révélerait la preuve engagée auparavant et pourrait réclamer la garantie de l’attaquant. Cela inverse l’hypothèse habituelle selon laquelle un voleur peut simplement déplacer les fonds dérobés : une dépense ciblée exposerait une partie des BTC de l’attaquant à la perte. La portée pratique de la proposition dépend donc de règles de preuve et de dépense qui ne sont pas encore définies.

Deux modèles d’enchères répondent à des vulnérabilités différentes

L’enchère avec mise de Fields vise les avoirs vulnérables dont les clés privées risquent d’être perdues, laissant leur propriétaire dans l’incapacité de fournir la preuve préalable utilisée par les mines quantiques. Les participants mettraient en jeu des BTC résistants aux attaques quantiques avant qu’une menace quantique ne se concrétise. Leurs mises feraient office d’offres anticipées sur les sorties vulnérables, offrant une autre voie de revendication lorsque le détenteur de la clé d’origine ne peut pas recourir au mécanisme des mines quantiques.

Si un attaquant tente de dérober l’un de ces actifs ciblés, le modèle exigerait un collatéral équivalent. Après une période d’attente initiale, les stakers pourraient révéler leurs enchères et réclamer une partie de ce collatéral. Le dispositif permettrait également à d’autres participants de soumettre des enchères inférieures ou supérieures, l’issue étant déterminée par les règles de l’enchère. Contrairement à une preuve de propriété préengagée, le processus repose sur le staking et la concurrence entre participants.

Cette structure soulève des questions pratiques : qui peut participer au staking, comment les enchères se rapportent à des sorties vulnérables précises et comment l’enchère détermine la part de chaque participant. Le compte rendu de la source n’apporte pas de réponses, et Fields cite les règles de l’enchère et les ratios de collatéral parmi les questions de conception non résolues. L’idée décrit donc un modèle d’incitation, et non une méthode établie pour identifier les ayants droit ou distribuer les fonds d’un attaquant.

Une promesse technique qui soulève encore des questions

Le troisième concept, Sats Auction, n’obligerait pas les utilisateurs à mettre des pièces en jeu à l’avance. À la place, une tentative de dépense de bitcoins anciens déclencherait une enchère après une période initiale de verrouillage temporel. Le plus offrant recevrait les pièces, déduction faite de son enchère, tandis que le deuxième plus offrant perdrait la sienne sans rien recevoir. Cette approche fait donc de la tentative de dépense un point de départ où les participants peuvent rivaliser.

Selon Fields, cette structure pourrait rendre la participation répétée de plus en plus coûteuse pour les attaquants et ainsi les dissuader de tenter des vols. Il s’agit d’un effet dissuasif envisagé, et non d’une preuve que le mécanisme empêcherait les attaques ou identifierait de manière fiable les propriétaires légitimes. Ses effets dépendraient des règles de l’enchère, des offres des participants et du traitement des enchères perdantes — autant de détails qui restent à préciser dans la présentation de la proposition.

La menace quantique plus large fait également débat dans les informations générales fournies. Le mois dernier, Alice & Bob ont estimé qu’un ordinateur quantique utilisant 29 588 qubits-cat pourrait déchiffrer une clé privée Bitcoin en environ 62 minutes. Plus tôt cette année, l’analyste on-chain James Check a soutenu que même le vol et la vente de bitcoins de l’époque de Satoshi ne menaceraient pas la survie de Bitcoin. Ces avis divergents laissent planer l’incertitude sur l’ampleur de la menace et ses conséquences, tandis que les trois concepts de Fields restent exploratoires.

Source : CryptoPotato